Historique

 

Le Théâtre de l’Avant-Pays est né de la rencontre de marionnettistes issus de l’Université du Québec à Montréal et de comédiennes issues de l’option théâtre de Saint-Hyacinthe. L’objectif premier consistait à mettre en commun les expériences complémentaires pour créer un théâtre de marionnettes différent. Le Théâtre de l’Avant-Pays a débuté ses activités en 1976. Tout au long de son histoire, la compagnie a œuvré à  interroger les spécificités et le caractère multiforme du médium de la marionnette. À travers ses 41 saisons (1976-2017), elle a donné près de 4000 représentations et rejoint plus de 820 000 spectateurs.

 

1973 à 1980 :  le Petit théâtre de marionnettes de La Poudrière et le 2070, Jeanne-Mance

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En 1973, à la fondation du Petit théâtre de marionnettes de La Poudrière, Madame Jeanine Beaubien confie à trois jeunes étudiants fraîchement sortis de l'Université du Québec à Montréal, Michel Fréchette, Francine Lachance et Paul Vanasse, la responsabilité d'une première saison estivale de ce « Petit théâtre ». Puis, d’autres collaborateurs vinrent compléter, à travers les saisons, les équipes de travail.

De ces rencontres naquit, en 1976, le Théâtre de l'Avant-Pays dont les membres fondateurs sont Diane Bouchard, Michel Fréchette, Francine Lachance, Michel P. Ranger et Johanne Rodrigue.

C’est tout d’abord au domicile de Michel Fréchette que seront hébergés, jusqu’en 1980, les bureaux et ateliers de la compagnie.

Pendant ses deux premières saisons, le Théâtre de l’Avant-Pays diffusera ses productions en tournée et en résidence au Théâtre de la Poudrière, dont le volet « théâtre pour enfants » fut malheureusement abandonné en 1978.

C’est en 1979 que Francine Pinard s’est jointe à l’équipe en tant que directrice des communications.

 

1980 à 1985 : l’école Sainte-Jeanne-de-Chantal

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En 1980, le Théâtre de l'Avant-Pays est devenu locataire de l'ancienne école Sainte-Jeanne-de-Chantal, au 550, rue Atwater, à Montréal. En plus de doter la compagnie d'espaces adéquats pour ses bureaux, ateliers et d'une salle de répétition, ces espaces à proximité d'un métro nous ont permis d'exploiter une petite salle de spectacle de deux cents places dédiée à la marionnette : "La Galerie de marionnettes". Nous y avons présenté deux créations : Barnabé-les-Bottines (1983-1984), une adaptation de Diane Bouchard du conte Le Roi de Novilande de Cécile Gagnon et Sabib ou Une orange à la mer (1984-1985), de Marielle Bernard. En deux saisons, nous y avons donné près de 150 représentations et rejoint environ 18 000 spectateurs. Nous y présentions aussi, en plus des représentations théâtrales, une exposition permanente des marionnettes de la compagnie.

Pendant ces deux saisons, la vie au Théâtre de l'Avant-Pays a été fort prenante : vendre les représentations, accueillir les spectateurs, administrer la compagnie, créer et produire les nouvelles créations, gérer l’immeuble nous occupaient sept jours sur sept et parfois très tard le soir. En 1985, la Commission scolaire de la Ville de Montréal a décidé de reprendre son école, ce qui nous a obligés à abandonner nos activités de diffusion en ces lieux. 

 

1985 à 2003 : le 307, Sainte-Catherine Ouest

Charlotte Sicotte

C’est sur la rue Sainte-Catherine que nous avons par la suite élu domicile. Allégés des activités de gestion de salle, nous avons pu poursuivre notre recherche artistique avec intensité. Dans ces espaces qui furent notre lieu de création pendant un peu plus de 17 ans, nous avons entamé de nombreuses collaborations fructueuses avec des créateurs dont plusieurs demeureront de précieux complices pour la compagnie. Parmi ces gens dont le passage marqua notre parcours, mentionnons Joël da Silva et Patrick Martel. C’est dans cette période qu’ont été créés notamment les spectacles Impertinence (scénario de Denise Chartrand), Charlotte Sicotte (texte de Pascale Rafie), Château sans roi (texte de Joël da Silva) et Les Gardiens du feu (texte de Joël da Silva) qui ont été des jalons importants de notre parcours. En 2003, nos locaux furent récupérés par la Société immobilière du Québec qui contribua, avec le Ministère de la Culture et des Communications, à nous relocaliser dans nos espaces actuels.

 

2003 à ce jour : le 279, Sherbrooke Ouest

Nous voici donc sur la rue Sherbrooke. Cet espace privilégié réunissant atelier, salle de répétition et entrepôt assure une grande synergie entre les équipes de création et la direction de la compagnie. Il nous permet de poursuivre notre mandat artistique de manière cohérente, de favoriser plus que jamais l’arrimage entre le texte et l’univers esthétique, d’effectuer des laboratoires et de partager nos expertises.

Photo: Suzane O'Neill

C’est dans ces espaces que nous avons créé, entre autres, l’Armoire, un texte de Pascal Brullemans, porté par les magnifiques marionnettes de Patrick Martel. En 2006, nous entamions, autour du projet Une forêt dans la tête, notre collaboration avec Marie-Christine Lê-Huu. En 2008, nous lui proposions d’assurer la mise en scène et l’écriture du spectacle Le Voyage ; une première pour la compagnie dont tous les spectacles depuis sa fondation avaient été mis en scène par Michel Fréchette ou Michel Ranger ou par les deux, de manière collégiale. Cette collaboration a scellé le lien de confiance avec Marie-Christine qui fut co-directrice de la compagnie dès l'automne 2013.

En 2013 nous créions, pour la toute première fois, un spectacle à petite jauge s’adressant au public des 2-4 ans. Contes pour les enfants de 1000 jours, orchestré par Julie-Anne Ranger-Beauregard et Noë Cropsal, entraîne les jeunes spectateurs dans l’univers du conte et leur fait vivre un moment à la fois tendre et ludique.

En 2014, le prix Roseq/RIDEAU récompense le spectacle Ma mère est poisson rouge, écrit et mis en scène par Marie-Christine Lê-Huu qui, depuis l’automne de cette même année est la directrice artistique à part entière de la compagnie.

Le lancement de notre 40e saison à l’automne 2015, aura été marqué par l’exposition Marionnettes et imaginaire qui retrace le parcours artistique de la compagnie à travers près de 70 marionnettes issues de certaines de nos productions phares. Ce lancement a aussi vu la création de Mémoire de Lou de Julie-Anne Ranger-Beauregard, mis en scène par notre collaborateur de longue date Patrick Martel. Le message porté par ce spectacle résonne tout particulièrement avec l’histoire de la compagnie puisqu’il y est question des rapports que le personnage Lou entretient avec ses propres souvenirs et du cheminement qui va lui permettre de continuer à avancer...

En effet, tout au long de son existence, le Théâtre de l’Avant-Pays a réussi à créer un équilibre entre la fidélité à d’anciens créateurs et l’accueil de nouveaux artistes. Cette ouverture n’est probablement pas sans rapport avec l’implication de Michel Fréchette auprès de la relève dans le cadre du programme du DESS en théâtre de marionnettes contemporain à l’QUÀM. Elle est, en tout cas, une culture d’accueil profondément ancrée au cœur de la compagnie qui y voit un élément essentiel de sa vitalité et de son actualité.