MÉMOIRE DE LOU 

POUR ENFANTS À PARTIR DE 5 ANS

Calendrier de diffusion 2017-2018

 

Texte: Julie-Anne Ranger-Beauregard                    

Mise en scène: Patrick Martel                        

Interprétation: Éloi Cousineau, Zach Fraser et Karine St-Arnaud                                              

Scénographie et conception des marionnettes: Patrick Martel                                                            

Musique: François Monette

Éclairage et direction technique: Maude Serrurier

Projections: Thierry Francis

Confection: Isabelle Chrétien (chef d'atelier), Sandra Turgeon et Colin St-Cyr

RésumÉ

La neige a disparu! Il y a des bourgeons au bout des branches! C’est le moment pour Lou de faire son ménage du printemps. Alors qu’il fouille sa maison à la recherche de petites choses à donner,  un objet depuis longtemps oublié fait resurgir un souvenir enfoui dans sa mémoire. Un souvenir précieux, comme un petit morceau de lui.
Inquiet soudain que les objets qui partent soient aussi des souvenirs qui s’effacent, Lou décide de ne plus jamais rien donner! Heureusement, une libellule bienveillante lui permettra de voir la tristesse d’un avenir où il s’occuperait davantage d’avoir que d’être... et donnera à Lou la possibilité de changer le cours des choses.

Sur la photo : Éloi Cousineau et Karine St-Arnaud. Crédit photo : Yves Martin Allard.  

Sur la photo : Éloi Cousineau et Karine St-Arnaud. Crédit photo : Yves Martin Allard.

 

MOT DU METTEUR EN SCÈNE

Nous
 étions
 plusieurs
 amis,
 ensemble,
 attablés
 devant
 un
 beau
 repas,
 par
 un
 superbe
 après‐midi
 ensoleillé.
 Dans
 un
 moment
 de
 silence,
 une
 libellule
 est
 venue
 à
 notre
 rencontre,
 s’immobilisant
 devant
 chacun
 des
 convives,
 tour
 à
 tour,
 comme
 pour
 dire
 «Bonjour,
 je
 suis
 là.»
 À
 son
 départ,
 nous
 nous
 sommes
 tous 
regardés,
 touchés 
par
c ette
 visite
 impromptue :
 nous
 venions
 de
 retrouver
 un 
ami
 disparu,
 dont 
la 
présence 
nous
 manquait 
tous 
terriblement.

Cet
 ami, 
c’est 
à 
lui 
que 
je 
dois 
ma 
passion 
pour 
la 
marionnette.

On
 aime
 bien
 croire
 que
 dans
 des
 créatures,
 des
 paysages
 ou
 des
 objets,
 se
 cachent
 des
 âmes,
 des
 parcelles 
de 
vie,
 des
 souvenirs.
 C’est 
la 
base 
du 
jeu 
avec 
la 
marionnette. 
C’est
 aussi 
ce 
qui 
anime
 Lou,
 qui 
fait 
l’inventaire 
de
 tous 
les 
objets 
qu’il 
possède, 
croyant 
que 
la 
perte 
de 
ces 
objets 
correspond
 à 
la 
perte
 des
 souvenirs
 qu’ils
 évoquent.
 Perdu
 dans
 son
 obsession,
 figé
 par
 sa
 peur,
 Lou
 risque
 d’en
 oublier
 de
 vivre
 de
 nouveaux
 moments,
 qui
 deviendraient
 à
 leur
 tour
 tant
 de
 nouveaux
 souvenirs.
 Il
 est
 dur
 de
 faire
 le
 tri
 entre
 ce
 qui
 doit
 être
 gardé
 et
 jeté,
 entre
 ce
 qui
 nous
 donne
 des
 ailes
 et
 ce
 qui
 nous
 empêche
 d’avancer.

Lou
 a
 de
 la
 chance.
 Un
 voyage
 dans
 le
 temps
 lui
 donnera
 un
 aperçu
 de
 ce
 qui
 le
 guette,
 de
 ce
 qui
 l’attend.
 Ce 
bond
 dans 
le
 futur 
lui 
permettra
 aussi 
des 
rencontres 
mémorables 
avec 
des 
personnages
 animés
 par 
la 
parole, 
par 
la 
famille, 
par
 la
musique. 
Des 
personnages... 
aux 
mémoires 
d’éléphant.

Avec
 Mémoire
 de
 Lou,
 je
 désire
 bâtir
 un
 pont
 entre
 l’émerveillement
 que
 j’avais
 devant
 une
 marionnette
 alors
 que
 je
 n’étais
 qu’un
 tout
 petit
 bonhomme
 d’à
 peine
 trois
 ans,
 et
 ma
 curiosité
 pour
 tout
 ce
 que
 cette
 forme 
d’art 
nous
 réserve 
dans 
le 
futur. 
Je 
souhaite 
rendre
 hommage 
à 
tous 
ceux 
qui
 n’ont 
jamais
 reculé
 et 
qui
 ont
 su
 léguer
 le
 courage 
de 
plonger.
 

Patrick Martel

Mot de l’auteure

Pourquoi on s’amourache d’une pince à cheveux, d’un paquet de cartes, d’une gargouille médiévale, d’une photo de chatons, d’un sac troué, d’une chanson d’Elvis Presley? Parce qu’il y a des souvenirs cachés dedans.

Les archives de nos vies s’accumulent dans nos armoires, nos boîtes secrètes, nos albums photos, nos journaux intimes. J’ai chez moi des vidéos qui couvrent ma vie entière, de mes premières comptines aux premiers pas de mon fils. Je les ai vus et revus, surtout ceux de mon enfance, j’en connais les répliques par cœur, c’est à ne plus savoir si le souvenir existe vraiment dans ma tête. Sans parler de mes dizaines de milliers de pages de textes qui continuent et continuent de s’écrire, qui sont là pour me rappeler ce que j’ai vécu, vu, senti, ressenti, pensé, dit, imaginé, créé...

Quand la vie va trop vite, quand quelque chose m’échappe, quand je ne sais plus où je vais, quand je doute, quand j’ai peur, je me recueille sur ces petits paquets de vie que j’ai gardés au fil du temps. C’est ça, pour moi, le réconfort.

Mais le danger, c’est d’y être trop bien. C’est de ne plus vouloir en sortir, de ce réconfort qu’on s’est créé. Parce que la vie, elle continue. Et même si on a peur, même si on ne sait pas comment, il faut plonger dedans. Il faut danser avec elle, être en mouvement.

Alors aujourd’hui, je vous donne quelques unes de mes pages.

Elles sont vivantes, vous verrez.

Elles ont des corps, des matières, des sons, des lumières.

Et dans mes pages, il y a Lou.

Il est dans son temps arrêté, depuis un peu trop longtemps. 

Julie-Anne Ranger-Beauregard

Photo : Yves Martin Allard. Sur la Photo : Zach Fraser et Éloi Cousineau. Pour voir le cahier pédagogique, cliquez ici

Photo : Yves Martin Allard. Sur la Photo : Zach Fraser et Éloi Cousineau.

Pour voir le cahier pédagogique, cliquez ici